ARCHÉOLOGIE

 

 

 

 

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REVUE N° 166 

juin 2017

 

 

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QUEL AVENIR POUR L'ARCHÉOLOGIE ?

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      Une crise profonde ne cesse de s'amplifier depuis 1992, liée à la professionnalisation de l'archéologie et à la promulgation des lois sur l'archéologie préventive. L'avenir est malheureusement bien sombre, en particulier pour les bénévoles, puisque les "autorisations de sauvetage ou de sondage" qui leur étaient accordées font maintenant partie du passé !
      Au delà de toute polémique, on ne peut que rester perplexe devant les raisons, et plus encore devant les conséquences culturelles et économiques, prévisibles au demeurant, que ne manquent pas d'exacerber les nouvelles dispositions. En vertu de quel faux prétexte une société moderne peut-elle, en effet, s'approprier le droit de réserver à une toute petite minorité (celle des "néo-professionnels", souvent allogènes et qui plus est, souvent ex-bénévoles), la jouissance ou l'exploitation des patrimoines locaux, et empêcher concrètement un grand nombre de ses "acteurs de proximité", pourtant reconnus par leurs pairs, d'accéder à leur propre passé ?
      Comment une société responsable peut-elle rester aussi aveugle, en face des conséquences désastreuses -et pourtant dénoncées-, induites par les décisions qu'elle prend : la surveillance n'étant plus assurée par les bénévoles, le pillage ou le massacre silencieux des sites patrimoniaux non classés devient inévitable ; d'autres sites potentiels resteront passés sous silence et disparaîtront, du fait des contraintes administratives et des coûts démentiels qu'une déclaration entraînerait ! On marche sur la tête !
      La véritable finalité de l'archéologie (mieux connaître et mieux comprendre l'Homme au cours de son évolution) est incompatible avec l'élitisme qui est venu l'empoisonner ! Il s'agit d'une science de vulgarisation, et par conséquent de proximité, qui devrait rester accessible à tous et en particulier à la jeunesse. Jusqu'en 1992, plusieurs centaines de jeunes gens de la région sont venus à la Culture grâce aux recherches archéologiques conduites par La Physiophile. Mais qu'en est-il maintenant ? La situation est catastrophique, car toute initiation et toute pratique sont devenues impossibles, ce qui contribue à la désertion des associations culturelles et menace leur pérennité. 
      A une époque où la violence et le désoeuvrement juvéniles explosent, il faudrait au contraire proposer le maximum de saines occupations à nos jeunes gens et leur ouvrir les portes des chantiers.
      S'il fallait abêtir une population -tout en prétendant le contraire-, on ne s'y prendrait pas autrement !
      Il est presque déjà trop tard, mais nous continuons à tirer la sonnette d'alarme. ! 

"Le présent sans passé n'a pas d'avenir." (F. Braudel)